Briser les os de Cassandra Khaw

Quelle richesse d’écriture dans le scénario horrifique de cette novella très réussie !
Un détective (en marge, miteux mais persévérant), un gamin (affolé qui vient lui demander de tuer son beau père), une femme serveuse battue et énigmatique, un beau père monstrueux, une ville macabre, une ambiance sombre, sordide.
Un bon polar, mais pas vraiment de ceux qu’on connait. Mais vraiment pas.

Il faut lire ce petit roman rien que pour apprécier (en s’accrochant) et « dévorer » (c’est le mot !) la façon d’écrire de Cassandra Khaw.

Florilèges :
 » un clair-obscur de saveurs et de souvenirs, suffisant pour faire saliver un homme mort »
 » Des heures de surveillance immobile, entrecoupées de gorgées de café à l’eau de fond de cale et de bouchées de pâte frite rancie, une immobilité qui grignote l’esprit jusqu’à ce qu’il bafouille son besoin de stimulus ou de sommeil »
 » les miasmes de bacon brûlé s’accrochent à l’air de toutes leurs forces »

On est vraiment happé par ce texte aux relents nauséabonds en côtoyant l’horreur, mais sans trop de dégouts aucuns pour ma part…
En fait, pour reprendre son vocabulaire, cette histoire nous crache à la figure !

Je vair lire de ce pas son autre novella : Chanter le silence.
Très belles couvertures pour ces deux opus comme souvent dans cette collection.

Une autre citation :
Puis vient la nuit. La vraie nuit. Pas le simple résultat chronologique d’une pirouette de la Terre autour du Soleil, mais une noirceur qui enfonce le museau de notre cerveau reptilien dans le sol en susurrant un avertissement.

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