Littératures de Sciences et de Fictions
Hystérie collective de Lionel Shriver

Quand quelqu’un se lève pour dénoncer la stupidité, la bêtise, le nivellement par le bas (ici la Parité mentale !), la « neutralité cognitive », de prétendre que les humains sont égaux intellectuellement et qu’on interdise des livres car non dans la norme (!), j’applaudis encore et encore !
Lionel Shriver nous invite par ce récit fiction (quoique ?… dans certains cas…)
à réfléchir et à nous questionner.
Encore un bon coup de poing de sa part après « Il faut qu’on parle de Kévin ».
(Livre remarquable)
Pearson, l’héroïne quitte sa famille (témoin de Jéhovah) pour se réfugier chez les parents de sa meilleure amie.
Fragile mais déterminée, elle devient prof d’anglais dans une fac américaine.
Elle essaie de suivre ces règles ineptes, mais un jour elle craque et se fait virer.
Comble de malchance, sa meilleure amie Emory, la crucifie alors en public dans une émission de TV qu’elle anime.
Elle va se venger un peu plus tard.
Et comme toute ineptie non fondée a quand même une fin, on bascule à la fin dans une sorte d’inverse avec en prime une petite pointe contre Trump.
On dévore cette histoire, on gueule avec elle et on la plaint quand la trahison de son amie arrive.
Florilèges :
» une certaine catégorie de mots plus radioactive que Fukushima. »
» il vous serra demandé de suivre un cours d’acceptation cérébrale et de sensibilité sémantique. »
» suppression des cours sur Albert Einstein et Charles Darwin. »
» les accusations de faute professionnelle systématiquement rejetées par les tribunaux au motif qu’elle suintaient l’intolérance cognitive. »
» C’est drôle, on n’utilise plus « maligne » que pour qualifier une tumeur. »
Il y a de grands moments dans ce bouquin surtout dans les dialogues acerbes entre Pearson et Emory. Mais aussi à l’intérieur de sa famille avec son mari et ses trois enfants (deux surdoués et une on va dire « difficile »).
J’ai beaucoup aimé, c’est à lire sans plus tarder !