Protectorats de Ray Nayler

Un très bon moment de lectures que ce recueil de nouvelles pleines de talent et d’imagination.
En général, je ne suis pas grand fan de nouvelles, mais celles-ci ont l’avantage de se passer dans un même espace (au sein du Protectorat d’Istanbul et dans l’espace), avec des similitudes, des personnages, des termes, et des vocabulaires approchants.
Toutes ne se valent pas, mais certaines sont très réussies et poussent loin la réflexion sur des sujets très divers (robots, humanité, conscience, identités) comme seule la SF au mieux de sa forme peut le faire.
* Je retiens particulièrement les suivantes :
Père : un robot vétéran a pris la place du père d’un enfant. Un lien incroyable entre les deux pour un drôle de final.
Boucles de désintégration + Fusée pour Dimitrios : espionnage, technologies, souvenirs faussés, guerres du passé, vente d’un emplacement d’un ovni, une très curieuse Madame Roosevelt,… C’est assez brillant.
Les Yeux de la forêt : une colonie humaine sur une planère recouverte d’immenses forêts. Dangers.
Sarcophage : survie dans un milieu glacial, solitude, immersion, angoisses.
L’hiver en partage : deux femmes occupent toutes deux des « vacants », des corps humains habités par d’autres, se rejoignent, et finissent par retourner dans leur monde.
Le réparateur de moineau : un jeune qui aime nourrir les moineaux en recueille un blessé et l’amène chez un véto. Mais rien n’est normal : « Ce n’est pas un oiseau. Tu as trouvé une faille dans la substance du monde. » Androïdes, traque, transfert, mémoire, réparation.
(ma nouvelle préférée)
La mort de la caserne de pompiers n°10 : les IA sont les bâtiments, les bâtiments sont des IA et elles sont très mécontentes lorsqu’on veut détruire d’autres bâtiments, comme cette bibliothèque.
« Centre de Connaissance 5401, cette commission conclut qu’elle a obtenue suffisamment de preuves pour établir que vous êtes un être conscient créé par des humains, …  » (!) Et puis il y a ces corneilles perchées sur un arbre à coté, une caserne aux blagues lourdes, bref une grande façon de présenter les choses. Excellent.
La pluie des jours : encore des androïdes. Un extrait :
 » – C’est mon pourboire ?  » demande le robot.
 » – Non, mais un conseil plutôt qu’un pourboire : l’eau et l’électricité ne font pas bon ménage. Quoi que tu fasses, reste bien au sec à l’intérieur.« 
 » – Conseil très utile. Je m’en souviendrai lors de la révolte des robots. Il faut éliminer nos point faibles. » (!)
Réflexion et humour ne sont jamais loin avec Ray Nayler.
* Voilà 9 sur 14 des nouvelles que je préfère. Ce qui ne veut pas dire que les autres soient mauvaises.
Un recueil de nouvelles de qualité qui vaut amplement le détour et les détours avec nos chers robots qui se questionnent et nous questionnent.

Il est étrange de souvent retrouver des histoires intéressantes et touchantes lorsque des robots humanoïdes sont mis en scène aux contacts d’humains…
J’avais déjà retrouvé ça dans Neom de Lavie Tidhar.
Etonnant, non ?

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